Sunday, March 19, 2017

Train to Busan

Train to Busan (Sang-ho Yeon, 2016, Corée du Sud)


Un homme divorcé et sa fille, à la demande de cette dernière, prennent le train de Seoul vers Busan pour voir sa mère. Au moment où le train démarre, une étrange épidémie se propage à haute vitesse.

Les avis positifs sur Train to Busan étaient tellement nombreux que j'étais excité à l'idée de voir un film de zombies récent et de bonne qualité, d'autant qu'il est coréen.
Je me suis trompé.

Au début tout semblait bon. Tout allait bien. On nous présente les personnages principaux et on essaie de nous forcer à s'y attacher. Le père est quelqu'un de bon, mais il est juste submergé par son boulot, chose qu'on nous impose sans que cela ne soit convaincant, mais ce n'est pas important. Ou du moins au début, parce que la suite repose essentiellement sur ces attachements forcés qui, à force de se répéter, deviennent extrêmement lourds.

La tension est bien construite pour une bonne partie du film. Les zombies font des petites apparitions aléatoires dans l'arrière-plan des événements principaux. Nos protagonistes sont légèrement horrifiés par ce qu'on a identifié comme étant des bandes de criminels qui, semble-t-il, ont décidé d'attaquer plusieurs parties de la capitale. Et puis le train démarre.

Mais il y a un infecté à bord du train, et aussitôt qu'il démarre, les passagers s'aperçoivent que l'épidémie a déjà atteint la gare d'où ils viennent de partir. La propagation est tellement rapide et brutale. Ils n'arrivent pas à comprendre les actions ultra-brutales auxquels ils assistent derrière les vitres mais ils sont au moins à l'abri. Cependant, il ne leur a pas fallu longtemps pour découvrir que l'infection est déjà en phase de propagation sur le même train. Et c'est là que tout l'intérêt commence.

Des zombies enragés à la World War Z dans un train, le carnage promet d'être glorieux ! Les passagers sont très limités dans leurs mouvements et ils sont emprisonnés dans ces cages qui roulent à haute vitesse. Entre temps la propagation du virus se poursuit à une cadence infernale, et bientôt ils vont découvrir certaines méthodes pour éviter les zombies, ou les neutraliser momentanément. Car on comprend petit à petit qu'il n'est pas possible de tuer les monstres. Les humains ont beau les frapper avec des battes de baseball (ce qui devrait être un régal pour les yeux, mais ça arrive presque exclusivement en dehors du cadre), ils ne semblent tomber que momentanément. Ces hordes d'assoifés de sang refusent de rester à terre et finissent toujours par se relever, sans qu'on ne nous en explique la raison. En théorie, cela devrait ajouter encore plus de suspens et de menace, mais en pratique ça ne sert qu'à ajouter une couche de mélodrame dans le sens "On est foutu ! On ne peut rien faire ! Arriver à notre destination est la seule issue !" On est donc toujours conduit de force vers la fin voulue sans vraiment se soucier de nous en convaincre.

Même si des litres incalculables de sang sont utilisés, on ne voit jamais du gore. Un film de zombies violent où l'action est abondante, mais sans entrailles jetées partout, ni de bouts de cervelles qui volent suite à un éclat d'un crâne, c'est presque blasphémateur. C'est comme si le réalisateur était timide dans cet égard, à notre plus grand malheur.

Au lieu de nous offrir un air frais dans un genre où il est de plus en plus difficile d'innover, Train to Busan se contente d'insulter l'intelligence du spectateur en le noyant dans un vaste océan de mélodrame fourré de clichés enfantins. Le passage du président à la télé, le sourire du père à la dernière partie, le personnage méchant qui ne pense qu'à sa propre personne, la scène de "combat de boss" vers la fin... il se passe tellement de mauvaises choses pendant les deux heures que dure le film qu'il serait impossible et inutiler de les citer toutes. La meilleure chose à faire serait tout simplement de l'éviter. Je suis encore fâché après plusieurs jours de l'avoir vu.

3/10

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