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Friday, April 27, 2012

Drive

Drive (Nicolas Winding Refn, 2011, USA)




Un cascadeur, qui travaille dans un garage et qui est doué dans la conduite de voitures, est impliqué dans une affaire dangereuse lorsque le mari de sa voisine qu'il apprécie sort de prison.

Je n'aurais pas vu ce film s'il nétait pas réalisé par Nicolas Winding Refn. L'intrigue me semblait assez usuelle des films d'action hollywoodiens et j'étais quasiment sûr de ne rien trouver d'extraordinaire dans Drive. Et c'était plus ou moins le cas.

D'un autre côté, j'avais peur, quelque part, de voir Refn "s'américaniser" un peu trop avec Drive. Certes son style a énormément changé depuis le premier Pusher, connaissant des hauts (Valhalla Rising) et des bas (Fear X), mais pourquoi aller vers un chemin plus conventionnel qui a déjà été exploité à plusieurs reprises par le passé ? Il semble que la réponse soit l'argent. Il a toujours eu des difficultés à financer ses films, et ça serait donc logique de le voir tourner des films qui touchent plus de monde. La bonne nouvelle c'est que Drive poussera peut-être pas mal de spectateurs à découvrir ses vieux joyaux.

Maintenant, pourquoi je n'ai pas vraiment aimé ce film ? Il y a une cause en particulier : Ryan Gosling. Je ne prétends pas connaître l'acteur, mais je trouve qu'il n'est pas du tout en harmonie avec le rôle qu'il joue. C'est surtout du à son apparence de jeune homme un peu trop... "beau", d'autant que, de temps en temps, il a un certain regard assez na£if, voire même stupide, qui ne colle pas du tout. De plus, le personnage qu'il joue semble tout droit tiré d'un manga, alors que le reste des personnages, et du film en tout, n'a rien à voir avec.

L'homme silencieux qui parle peu ou pas du tout, qui agit plus qu'il ne prononce de mots, qui s'en sort des problèmes les plus difficiles avec une certaine aisance, et qui n'a même pas peur d'affronter les plus dangereux des criminels de la ville... tout ceci est assez contradictoire avec le reste qui est plus terre à terre.
Le héro solitaire qui agit pour le bien malgré ses tendances criminelles, on en voit tout le temps chez les japonais, sauf que c'est plus efficace chez eux qu'ici. En essayant de faire du chauffeur quelqu'un de parfait, tout tombe à l'eau.

Je ne comprends pas les avis qualifiant le film de "meilleur film sorti en 2011". C'est, tout au plus, un film moyen qui aurait pu être tellement mieux avec un personnage principal différent (pas seulement au niveau de l'acteur). Les scènes d'action sont bien orchestrées, captivantes et pas trop exagérées ; tandis que les moments les plus calmes nous présentent très bien les personnages et les relations qui les lient les uns aux autres. On comprend qu'ils sont très "humains". Même le mari de la voisine m'a surpris. Je m'attendais à le voir agir autrement à sa sortie de prison.

Mais voilà, en mettant en premier plan un personnage raté, c'est le film en sa totalité qui est raté...


5/10

Sunday, November 21, 2010

Valhalla Rising

Valhalla Rising (Nicolas Winding Refn, 2009, Danemark/UK)



One-Eye est un guerrier extrêmement robuste. Il est prisonnier chez un petit clan de vikings qui l'utilisent dans des combats de gladiateurs. Un jour il arrive à s'enfuir accompagné d'un gamin nommé Are...

Ce dernier film de Nicolas Winding Refn pourrait en décevoir plus d'un. La déception pourrait même être très grande si l'on tient compte des autres films du même réalisateur. Avec Bleeder et la trilogie Pusher, il nous a habitué à des films à la fois très terre à terre et extrêmement touchants. Avec Fear X il voulait expérimenter un peu, chose qui n'a pas du tout marché. Il a rententé avec Bronson cinq années plus tard, et là c'était plutôt réussi. Maintenant il continue dans cette même voie expérimentale. Très expérimentale qui n'est pas de tous les goûts...

On pourrait s'attendre à un film d'action où des vikings n'ont comme passe-temps que le fait de s'entretuer. L'affiche ferait penser à un guerrier redoutable qui tue tout sur son passage. Mais en fait il n'y a rien, ou presque, de tout ça.
L'action existe, et elle même d'excellente qualité, mais elle n'est pas le point central du film. La violence crue et l'accent mis là-dessus dans les quelques scènes d'action auxquelles on a doit ont un but. Un but difficile à définir, tout comme le film en tout.

One-Eye est muet. On ne sait pas s'il a choisi de l'être ou s'il est obligé de l'être. Dans les deux cas, ça fait de lui une sorte de spectateur plus qu'autre chose, même si, lorsqu'il s'agit d'agir, il est le premier à le faire.
Dans sa route il rencontre des chrétiens. Ils se montrent hostiles au début, mais finissent par l'inclure dans leurs rangs. Ils veulent aller à La Terre Sainte, mais font un long voyage qui va les emmener vers l'enfer...

Quand j'ai entendu parler du film, avant sa sortie, j'ai pensé à un film d'action. Je l'ai totalement oublié par la suite jusqu'à ce que quelqu'un m'en parle et me dise à quoi il faut s'attendre.

Valhalla Rising est plus une sorte d'expérience spirituelle, et même visuelle, qu'un simple film divertissant. Les images sont tellement belles qu'on pourrait facilement s'y perdre et oublier tout ce qui se passe ailleurs. Et le réalisateur n'hésite pas à nous en mettre plein de ces images. Mais ces images ne se limitent pas seulement à la beauté, car il y a aussi un autre côté cauchemardesque, ou plutôt infernal pour suivre l'idée du film, qui revient de temps en temps.

On se trouve plongé, malgré nous, dans une séance de méditation sur la nature humaine, sur la nature tout court, sur soi-même... Il y a du mal partout à travers le film. En avant-plan c'est la violence physique et morale, en arrière-plan c'est la nature en toute sa splendeur et sa beauté.
Les Hommes s'entre-tuent pour des raisons très simples. Divertissement, pouvoir, amusement, différences dans l'idéologie ou la croyance... peu importe, ce ne sont pas les raisons qui manquent...

8.5/10

Saturday, October 17, 2009

Bronson

Bronson (Nicolas Winding Refn, 2009, UK)



Un jeune homme, qui se fit appeler "Charles Bronson" plus tard dans sa vie, est condamné à 7 ans de prison. À ce jour, il a passé 34 ans en prison au total, dont 30 ans en isolement...

Basé sur une histoire vraie, le dernier film de Nicolas Winding Refn ne manque pas d'audace. C'est un film assez bizarre. On voit dès le début le personnage principal (interprêté par Tom Hardy qu'on a déjà vu dans RocknRolla récemment) nous parler directement. Une petite introduction, puis le film commence.

On comprend tout de suite à quoi s'attendre : un film extrêmement violent qui raconte l'histoire d'un homme assez spécial, le tout raconté sous un ton très humouristique.
Les premières scènes montrent les dégâts qu'a subi, et même voulu, le corps de Charles Bronson, car cet homme a bien cherché tout ce qui lui est arrivé.
Charles était quelqu'un de très violent depuis son enfance. Plus tard, il a voulu se faire connaître, et il a choisi la voie du crime, et en particulier de la violence, pour atteindre son rôle.
Il déclare, avec fierté, qu'il est "Her Majesty's most expensive prisoner".
Il est souvent battu par les gardiens des 100 et quelques prisons et autres institutions psychyatriques qu'il a "visité", car pour lui, une cellule est une chambre d'hôtel.

C'est son comportement qui lui a valu cette notoriété. Il est de nature très violente et imprévisible. Il tient souvent en hôtage plusieurs personnes, détruit des choses, cause des incendies... et tout ça seulement pour passer du temps et pour s'amuser.

En bref, ce film est tout aussi étrange que le personnage qu'il présente, et c'est certainement à ne pas rater !

8.5/10

Posté le 5 Juin 2009

Fear X

Fear X (Nicolas Winding Refn, 2003, Danemark/Canada/UK/Brésil)



Depuis la mort de sa femme, Harry Caine est obsédé de trouver les causes de cette mort. D'étranges visions le hantent et vont bientôt le mettre sur la trace de son tueur...

Voilà le film qui a poussé Nicolas Winding Refn à continuer sa trilogie Pusher. Ce film lui a causé une faillite, ce qui l'a poussé donc à réaliser deux films pour se remettre sur pieds...

Il faut le reconnaître, si ce film n'a pas marché dans le box office, c'est qu'il y a vraiment une raison, et elle est pourtant simple : la fin, ou pour être plus précis, l'absence d'une vraie fin...
La première partie est plutôt très bien foutue. Il y a une sorte de mystère assez dense qui s'installe peu à peu. Il y a aussi ce calme qui dure pendant tout le film qui est un plus à ne pas négliger.
La performance de John Turturro est à saluer aussi. C'est peut-être l'une des seules bonnes choses à propos de ce film.

C'est à partir de la deuxième partie que tout commence à s'écrouler, pour au final aboutir à une fin qui n'explique rien du tout. Ce n'est certainement pas par manque d'indices ou qu'il faut y réfléchir pour comprendre tout le film, c'est qu'il n'y a vraiment rien à comprendre. Le réalisateur lui-même l'a dit, il a fait ce qui lui est passé par la tête ce jour-là, sans trop se soucier du film lui-même...

Bien qu'il excelle d'habitude avec les fins ouvertes (la trilogie Pusher en témoigne), ça n'a pas du tout le même impact ici. Refn présente d'habitude les choses d'une façon beaucoup plus directe, et on voit bien ici que lorsqu'il a voulu commencer à expérimenter un peu, ça n'a pas du tout marché...

En tout cas, si ce film vaut quelque chose, c'est qu'il a par la suite en quelque sorte "fait naître" deux excellents films.
Un film raté pour deux films de très bonne qualité, c'est finalement un bon deal !

4/10

Posté le 5 Juin 2009

Bleeder

Bleeder (Nicolas Winding Refn, 1999, Danemark)



Leo et Louise, un jeune couple danois, aprennent qu'ils vont prochainement devenir parents. L'idée semble mettre Leo mal à l'aise, et son comportement change...

Ce film est réalisé par Nicolas Winding Refn, l'homme derrière la trilogie Pusher. On y retrouve également les trois acteurs principaux de la trilogie, c'était donc déjà assez pour me convaincre de regarder ce film...

Ce fut un immense plaisir de retrouver Kim Bodnia dans le rôle principal. J'ai aimé son personnage (et son jeu aussi) le plus parmi les trois acteurs/personnages des Pusher, et là encore il ne m'a pas déçu. D'ailleurs son personnage ici ressemble un peu à celui de Pusher, à savoir distant, froid, se comportant avec une impulsivité carrément stupide...
Sa relation avec sa copine se dégrade au fil du temps. Lui-même ne semble pas comprendre pourquoi, à part peut-être qu'il n'aimerait pas faire venir un enfant "in this shitty world".
C'est intéressant de suivre l'évolution de leur relation, mais le film est encore beaucoup plus riche que ça, traitant de plein de sujets différents.

On trouve naturellement le phénomène de la violence dans les rues, et comment certains jeunes commettent des bêtises assez graves..
On trouve le mec solitaire qui n'a qu'une seule passion dans la vie, celle de regarder les films, et comment son entourage réagit avec..
Le racisme prend une place importante aussi, et on voit comment les agissements de quelques individus nuisent à la majorité..
D'autres thèmes sont traités, comme par exemple l'énorme vide qui entoure toutes ces vies qu'on nous présente, la fragilité de la vie d'un couple, de l'amitié aussi, et tout ça est ingénieusement tissé...

Encore un chef d'oeuvre de la part de ce réalisateur danois !

9.5/10

Posté le 15 Mai 2009

Pusher III: I'm the Angel of Deah

Pusher III: I'm the Angel of Deah (Nicolas Winding Refn, 2005, Danemark)



Dans ce troisième volet de la trilogie, on suit un autre personnage qu'on a déjà vu dans les deux premiers Pusher : Milo, le grand dealer de drogue serbe. Dans sa dernière livraison, au lieu d'avoir de l'héroïne comme à son habitude, il a reçu de l'ecstasy. N'étant pas son domaine, il décide quand même d'essayer de la revendre...

Le dernier volet de la trilogie suit la même tradition. Ce n'est pas aussi intense que Pusher, mais à un certain moment ça s'en rapproche énormément.
Le style reste le même, avec les dialogues toujours aussi simples et réalistes, les situations difficiles à gérer et qui échappent très vite au contrôle, les arnaqueurs et autres profiteurs qui existent partout dans ce genre de business... et c'est ce qui va effectivement mettre Milo dans un véritable pétrin.

On voit ici comment est-ce qu'un dealer de drogue essaie de faire la part des choses entre sa vie 'normale' et son autre travail.

L'anniversaire de sa fille étant sur les portes, Milo essaie d'être là et de veiller à ce que la fête se déroule dans de bonnes conditions. La particularité de ce film est que, les deux tiers des évènements qu'on voit se passent le jour de cette fête ! On voit Milo organiser quelque chose ici, sortir de la cuisine pour aller rejoindre ses invités tout de suite après, retourner régler quelques problèmes, revenir à la fête...

J'ai également été surpris par la présence d'un vieux personnage de la trilogie. Il s'agit de Radovan. Je me suis posé des questions quant à son absence dans Pusher II, mais là la surprise était vraiment grande, surtout en le voyant faire ce qu'il fait comme il l'a prévu dans le premier Pusher.

Cette trilogie est fortement recommandée à tous les films de films de ce genre. C'est de la très bonne qualité, et c'est rare de trouver des films pareils !

9.5/10

Posté le 10 Mai 2009

Pusher II: With Blood on My Hands

Pusher II: With Blood on My Hands (Nicolas Winding Refn, 2004, Danemark/UK)



Tonny, un viel ami de Frank qu'on a déjà vu dans Pusher, vient de sortir encore une fois de prison. Il compte bien reprendre sa vie en main, sauf que ça ne se passe pas comme prévu...

Dans ce deuxième volet de la trilogy Pusher, on suit un personnage différent, mais toujours du même entourage du premier film. Tonny était le meilleur ami de Frank dans Pusher, et là on va le suivre dans sa vie de tous les jours. Il est plutôt stupide et maladroit, et sa relation avec son entourage n'est pas vraiment des meilleures, et notamment avec son père. C'est à partir de là que ça va se compliquer.

On assiste ici à quelque chose de différent de ce qu'on voit d'habitude dans les films du genre. Là aussi, le dialogue est du genre trés simple mais efficace. Les répliques, réactions et situations dans lesquelles sont mis les personnages sont très réalistes, ce qui n'a rien de très gai... ce film prend une dimension un peu plis 'triste' donc...

Malgré sa stupidité, on sympathise très vite avec Tonny (surtout si on sait ce qui lui est déjà arrivé dans le premier Pusher). Il est, tout comme tous les autres personnages de la trilogie, très humain. Il commet des erreurs, essaie de se rattrapper, se met dans de très mauvaises situations, n'est pas apprécié par tout le monde... et c'est d'ailleurs ce qui fait le charme des Pusher, mais j'en parlerai plus tard...

9/10

Posté le 10 Mai 2009

Pusher

Pusher (Nicolas Winding Refn, 1996, Danemark)



Frank passe ses journées à vendre de la drogue et à s'amuser, jusqu'au jour où il a un gros deal qui ne se passe pas du tout bien...

J'ai lu beaucoup de choses sur ce film, et sur la trilogie en général. Je m'attendais à quelque chose de grandiose, et j'étais très bien servi ! J'avais peur d'être un peu déçu à la fin, parce que d'habitude quand mes attentens sont très hautes, le résultat n'est pas toujours à la hauteur de ce que j'espérais voir, mais heureusement que ce n'est pas du tout le cas ici.

Ce film n'a rien à voir avec les films criminels américains. Il se rapproche le plus des films (criminels) européens, naturellement, et plus particulièrement des films français. Il y a cette façon très naturelle et des fois même spontanée de jouer les rôles de la part des acteurs, et surtout l'acteur principal qui joue Frank. Cet homme a vraiment du talent, tout change dans son comportement dans la deuxième partie du film par rapport au début. Il devient plus nerveux, beaucoup moins souriant, très violent... et les personnages en tout sont eux aussi très naturels. On n'a pas affaire à des gangsters qui tuent tout ce qui bouge lorsqu'ils n'ont pas ce qu'ils veulent sous la main, comme dans les films américains.

L'enchaînement des évènements se fait de façon très fluide. Au début les choses sont plutôt calmes, on voit Frank et son ami passer de bons moments, faire leurs trucs... puis vient le mauvais moment du film, et c'est à partir de là que ça se complique. La tension monte petit à petit, Frank se trouve dans un tourbillon de problèmes qui se multiplient un par un. Des choses totalement inattendues se passent, ce qui fait que Frank s'enfonce encore plus dans la merde...

Le truc c'est que tout ce qui se passe semble trop réel. On n'a pas l'mpression de regarder un film. Le comportement de Frank avec ceux qu'ils connaît, et notamment la fille Vic, est intéressant à voir. Il est du genre têtu, fier et qui a des difficultés à faire sortir ses sentiments, ce qui va avoir des répercussions sur la suite des évènements...

Dernière remarque, ceci n'est pas un film d'action comme pourrait le faire croire l'affiche. L'utilisation des armes à feu n'est pas vraiment importante ici, quoiqu'elles auront leurs mots à dire.

Une merveille à ne pas rater.

10/10

Posté le 10 Mai 2009