Tuesday, February 16, 2010

This Film is not Yet Rated

This Film is not Yet Rated (Kirby Dick, 2006, USA/UK)



Kirby Dick nous montre les dessous de la MPAA qui suit une logique très floue lorsqu'il s'agit de classifier les films aux Etats Unis d'Amérique.

La position du réalisateur est claire, il n'aime pas du tout la Motion Picture Association of America, et il nous dévoile ses raisons à travers ce documentaire.

À travers plusieurs exemples, Kirby Dick (ironique et marrant comme nom par rapport au contenu du documentaire) nous montre que les intérêts de cette association ne sont pas aussi "pûrs" que ça, et qu'il y a bien des buts sous-jacents pas des plus nets.
D'ailleurs j'ai été surpris d'apprendre que les membres du "rating board" sont totalement inconnus. L'association ne veut pas du tout dévoiler l'identité de ces personnes sous prétexte que c'est pour leur éviter la "pression". C'est comme si le sort du pays dépendait entièrement de ces personnes-là. C'est la seule association de son genre ne Amérique qui garde l'anonymat total de ses membres.

Mais ça n'a pas du tout découragé Kirby Dick qui a eu recours à une détective privée dans le but de dévoiler l'identité de ces personnes au grand public. On en apprenant plus sur ces personnes, les motifs de l'association deviennent plus clairs : aider les grands studios partenaires et mettre des batons dans les roues des films indépendants !

Et ce n'est pas tout. La MPAA, en dehors du fait de mentir sur les membres qui composent le "rating board" (leurs âges et/ou situation familiales, âges et nombres d'enfants...), semble vouloir imposer ses standards à elle au grand public. Par exemple, tant que les scènes de sexe vont dans la "norme", la classification reste plus ou moins basse. Mais là où il y a une sorte d'expérimentation, quelque chose de bizarre ou qui sort des normes, ils n'hésitent pas à classer le film "NC-17".

D'ailleurs en parlant de sexe, il y a une sorte de comparaison avec le cinéma européen qui est beaucoup plus ouvert de ce côté, mais qui se trouve être plus sévère avec la violence. C'est tout à fait au contraire de ce qui se passe aux Etats Unis, où la violence peut ne pas connaître de limites, contrairement au sexe. Donc si on se soucie de l'impact que peuvent avoir les films sur les jeunes, ne faut-il pas mettre la violence au dessus ? C'est ce que dit la logique, mais la réalité est différente.

Mais où est le mal à mettre en place de telles classifications ? C'est une question qu'on pourrait se poser en tant que non-américains. La réponse est simple, les salles de cinéma se spécialisent, si on veut, ou évitent de projeter des films de certaines classifications. Et avec la classification NC-17, le marketing dufilm en subit un terrible coup. Impossible de faire de la publicité sur pas mal de supports médiatiques. Ces différences dans les classficcations peuvent se traduire en des millions de dollars à la fin...

Finalement on n'apprend pas des choses cruciales qui vont changer le cours de nos vies (surtout si on n'est pas aux Etats Unis), mais ça nous donne une idée sur comment fonctionnent ces choses. Ca vaut tout de même le coup de voir ce documentaire.

8/10

2 comments:

  1. Comment ça se fait que je n'ai jamais entendu de ce doc?!!! mais bien sûr après avoir pensé:"Bah bien sûr qu'il font ça, sinon ça serait pas l'Amérique" ,une autre reflexion me vient, et elle revient toujours: As-t-on vraiment besoin d'écouter l'avis de ce que papa-maman les censeurs nous disent?Mais quand est-ce qu'ils vont ouvrir les yeux et arrêter cette confiance ridiculement sacrée envers leurs institutions qui n'ont toujours pas réussi à leur réaliser leur rêve américain)Je veux dire, bien sûr les cinéphiles sont du genre à être plus indépendants dans leurs choix que "le reste" .. mais même les novices et les spectateurs occasionnels, est-il si dur et insupportable pour eux d'ignorer ce qu'une bande de gens qu'ils ne connaissent ni d'Eve ni d'Adam leur racontent et de lire quelques critiques de journal bien plus interressante que ces promos à la *** ,ou avoir recours au bouche à oreille s'ils ont si despérement besoin d'un "autre" avis que le leur. Parce que s'il y a bien quelque chose qu'on apprend du Cinéma c'est bien: "Jugez par vous même, car peut importe ce que les autres vous assurent ,vous aurez toujours un autre avis".(je l'ai appris à mes dépens à ces jcc :) )

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  2. Si la MPAA se limitait vraiment et seulement à faire ce qu'elle est supposée faire (sans pour autant que cela ne soit une sorte d'obligation de passer par elle), ça aurait été mieux. Mais en mettant des personnes "conservatrices" qui émettent des jugements totalement subjectifs, et en faisant en sorte que cela soit quelque chose de "top secret" et en même temps de la mettre aux dispositions des grandes boites, là ça devient du n'importe quoi.

    Ce que je veux dire, une sorte de "warning" pour certains films est nécessaire, mais ça devrait se limiter à ça. Ca ne devrait pas devenur un but en soi de faire un film "PG 13" ou "R" juste pour plaire à la MPAA et à ses standards très flous.
    Par exemple, montrer un film comme Irréversible à un adolescent de 13 ans ne serait pas du tout une bonne idée. Mais en même temps il y a souvent des notices pour dire que tel ou tel film contient des scènes violentes, du sexe, de la drogue etc.
    Ca devrait juste servir pour donner une information sur le contenu du film, et de façon objective, pas plus. Ce n'est malheureusement pas le cas en Amérique si on veut voir son film projeté en salles.

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